Le grand voyage ! par lerdami Extrait de "fuite du temps où sécoulent tes jours" sur top boutique
L’ombre du crépuscule s’est avancée. Une nouvelle fois Ancel et Colette se retrouvent en couple à l’hôpital. Ancel ne va pas bien. Ses forces déclinent et l’appétit le fuit. La forme n’est plus. Colette est chagrinée par une sérieuse bronchite. Cette fois ils sont séparés : Chambre à part ! (d’hôpital) Mais encore une fois ils rentreront ensemble à la maison. Rien ne peut les séparer après 60 ans de vie commune !
Mais pourquoi tous les enfants du couple se sont-ils retrouvés à l’hôpital ? En présence du médecin ! Pourquoi la peine se lit-elle sur leur visage ? Papa, Maman sont de retour à la maison !
Ancel s’impatiente de ce mal qui le ronge. Il lui tarde de reprendre des forces, mais son bonheur est grand devant la présence des siens. Tout un chacun l’entoure de son amour. Ses amis lui témoignent une affection sans failles. Lui, le croyant, est porté par les prières de ces gens qui témoignent d’une même foi en un Dieu miséricordieux. Les effluves de ce parfum embaument son cœur. Messieurs les pasteurs le soutiennent sans détours. Qu’il est bon de se sentir entouré dans l’adversité ! Si les roses de la vie égratignent les corps, leur parfum panse l’âme. L’Amour est un puissant antalgique. Et plus fort encore…
La nouvelle fait désormais jour…La nuit approche et chacun l’attend… ANCEL EST PERDU …ANCEL EST SAUVÉ ! (Psaumes23/4 « Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent ».)
Ancel, le bâtisseur, a continuellement travaillé pour assurer aux siens une maison décente. Chacun a pu voir de ses yeux ses œuvres. Chacun a-t-il pu remarquer le formidable travail de préparatifs accomplis, de cœur de maître, par Ancel ? Ses valises sont prêtes, fin prêtes et bouclées. Le voyage peut commencer. Par la foi une construction inébranlable l’attend ! Bâtie sur le roc, elle est indestructible et fort merci, car elle concerne l’Eternité ! Ancel a su, pas à pas, préparer son grand voyage vers les collines de la félicité éternelle: « Car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l`architecte et le constructeur. (Hébreux 11/10)
La plus belle construction n’est pas de ce monde et c’est le cœur serein qu’il entreprend ce voyage dernier. L’amour nous disions, est analgésique et l’espérance une force. Mais là, au demeurant, il ne s’agit pas d’un simple espoir mais d’une certitude vécue et consolidée au fil des ans. Ni utopie, ni philosophie, ni religion cette conviction est le résultat d’une rencontre authentique avec Son Dieu ! C’est avec sérénité qu’il part. Si le départ est obscurci car son épouse et ses chers poursuivent leur voyage ici-bas, il sait qu’il les retrouvera bientôt dans la patrie céleste. Actes 16/31 : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé toi et ta famille.» (1)
Avril 2003, Ancel, 82 ans, s’en est allé… (Décédé).Tranquillement, sans bruit, sans peur. Le mari de Colette est parti pour un beau voyage. Un si long voyage à la destination de rêve ! Ses bagages terrestres, son corps nous sont restés. Nul doute, il était prêt, car qui peut expliquer le calme inscrit sur son enveloppe charnelle ? Il est certain, cette Vie a triomphé de la mort ! Colette le saisit pleinement car l’absence de son mari l’attriste mais ne la brise pas. Confiante elle est, et le mot reflète mal la certitude qui l’envahit au plus profond de son être ! Une conviction de plénitude reposante pour le temps qui lui est encore imparti. Certitude à la lecture de ce texte : 1Thessaloniciens4/13- 14 : « Ne soyez dans l`ignorance au sujet de ceux qui sont morts, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n`ont point d`espérance. Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu`il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts. » (Paraphrase) Colette n’a pas perdu son Mari. Il est dans Sa Vraie Patrie, dans Celle qui l’attend elle-même ! Et l’octogénaire se confie en Son Dieu, son doux partage.
Avons-nous inhalé cet exquis parfum en ces lignes ? Les senteurs d’une âme en paix ont-elles interrogé notre esprit ? La quiétude de Colette, dans sa solitude de couple, taraude-t-elle nos pensées ? Ou sommes-nous, de cœur, d’âme et d’esprit, avec elle ? Sa paix nous transperce-t-elle ? Chaque jour que la vie lui offre l’attire vers son bien-aimé mais elle voudrait tant voir se réaliser son vœux le plus cher ici bas, voir aussi les dernières volontés de son Mari exaucées !
Actes 16/31 : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé toi et ta famille.» (2)
Toi et ta famille avez- vous eu le cœur brisé d’un adieu sans retour ? Vos yeux ont-ils vu un drame sans lendemain ? Dîtes-vous avec l’Ecclésiaste : « Car qui sait ce qui est bon pour l`homme dans la vie, pendant le nombre des jours de sa vie de vanité, qu`il passe comme une ombre? Et qui peut dire à l`homme ce qui sera après lui sous le soleil? » 6/12
Peux-tu dire comme au Psaume 42/12 : « Pourquoi t`abats-tu, mon âme et gémis-tu au dedans de moi? Espère en Dieu, car je le louerai encore. Il est mon salut et mon Dieu. »
Comme Colette, ta consolation est-elle : « Vive l`Éternel Vivant et béni soit mon rocher! Que Dieu, le rocher de mon salut, soit exalté ». 2 Samuel 22/47
L’assurance de Colette est-elle tienne : « Vous savez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. » 1 Jean 5/13 (Paraphrase)